Maman se balade avec son enfant au supermarché. Il s’arrête, il a repéré un jouet. Il le met dans le caddie. Maman l’enlève et lui dit qu’elle ne peut pas l’acheter, le jouet est cher et il en a déjà plein de similaires à la maison. Son enfant insiste. Elle essaye de lui expliquer à nouveau pourquoi elle ne peut pas l’acheter. Il se met à pleurer, il hurle et exige d’avoir ce jouet. Maman ne veut pas faire de scène, elle finit par craquer. Son enfant arrête tout de suite de pleurer.

Que ce soit pour lui faire plaisir, pour qu’il arrête de pleurer ou pour avoir le sentiment d’être de bons parents qui comblent leur enfant, certains parents cèdent tout à leur enfant. 

Tout leur céder n’est pas une bonne idée

Entre 2 et 5 ans, l’enfant pense que ce qu’il désire ne peut forcément que se réaliser. C’est le « principe de plaisir » (Freud). Celui-ci, se heurtant au « principe de réalité » (la vraie vie), va permettre à l’enfant de grandir en devenant responsable, autonome, se rendre compte de la réalité de la vie. Lorsque l’on cède tout à l’enfant, il ne connait alors que le « principe de plaisir » qui va devenir pour lui sa réalité. Toute contrariété de ce « principe de plaisir » provoquera en lui une frustration qui deviendra intolérable voire inimaginable. 

En grandissant, un enfant qui n’apprend jamais ce qu’est la frustration, pourrait devenir un adulte impulsif qui ne saurait répondre à la frustration que par la violence. 

Un enfant a besoin de limites 

Dans leur livre « Gérer les comportements difficiles chez les enfants », Paul Leurquin et Stéphanie Vincelette énoncent les attitudes à adopter et à éviter avec les enfants-roi.

Attitudes à adopter

• L’enfant a besoin de consignes claires et de conséquences précises. Il a besoin d’une personne capable de cohérence et de consistance. 

• L’enfant a besoin de balises, de limites claires. Les limites sont sécurisantes et ne doivent pas être reculées. Elles sont les mêmes pour tout le monde. Afficher un règlement dans les endroits visibles de la classe. 

• Démontrer à l’enfant que vous êtes toujours là pour lui malgré ses crises. 

• Garder un œil sur l’enfant, le regarder souvent, s’adresser à lui directement. Le surveiller encore plus lors d’activités non-structurées. 

• Encourager l’enfant quand son comportement est bon. Utiliser un tableau de comportement, par exemple, pour qu’il visualise ses efforts. 

• Le placer au premier rang, loin des enfants dissipés ou des sources de distraction. 

• Prévenir l’enfant au moins 5 minutes avant de changer d’activité. 

• Il ne faut pas avoir peur de lui dire « non », mais il faut exprimer clairement les raisons du refus, demander s’il comprend.

Attitudes à éviter

• Il ne faut pas céder à ses caprices pour être « tranquille », pour qu’il arrête de crier ou d’ennuyer les autres. Vous êtes la personne de référence qui pose les limites et il doit en prendre conscience. Ne cédez pas au chantage ! 

• On ne fait aucun compromis avec lui : les règles sont faites pour être respectées et ce par tout le monde de la même manière. 

• Ne jamais laisser passer quoi que ce soit. Il faut intervenir tout de suite et systématiquement, une règle non-respectée entrainant toujours la même « sanction ». 

• Ne vous culpabilisez pas si vous êtes dur avec lui. Il vous teste car il a besoin d’être recadré. Il ne vous en voudra jamais d’être dur avec lui, il vous en voudra si vous êtes injuste.